PRIX INDICATIF : 19 euros
FORMAT : 12 x 16,5 cm / 280 pages
ISBN : 2-911825-10-1
> COMMANDER CE LIVRE
Illustrations de Cherokee
    Je ne me fais plus d’illusions. Arkhalià change de forme selon les circonstances.
    Lorsque je me dirige à l’aveuglette, en me laissant guider par ma fantaisie,
la ville se recompose derrière moi. Il n’est aucunement possible de revenir au point
de départ par le même chemin.
    Ces distorsions de l’espace expliquent sans doute pourquoi les Arkhâliens
ont souvent besoin de leurs « doubles » pour apparaître en certains endroits de la ville.
    En fait, un citoyen d’Arkhalià est comme attaché à un lieu ou à un quartier précis.
Il fait corps avec son environnement, comme un coquillage cramponné à son rocher.
L’existence de ces doubles est donc liée à la disparition du temps à Arkhalià.
    Chaque paysage de la ville ou de la lagune, chaque monument, chaque point de vue,
chaque perspective dispose de la faculté de créer son propre éclairage, sa propre
ambiance lumineuse. Son climat particulier. La nature se plie aux ordres des architectes
d’Arkhalià.
    À vrai dire, je dispose moi-même d’un pouvoir sur Arkhalià. Je crois que plusieurs
quartiers ou édifices sont nés sous ma plume et n’ont existé qu’après coup. J’avoue jouer
à Arkhalià les tours qu’elle me joue.
    À Arkhalià, comme le dit si bien mon amie Aouia Rkjltqvfff, les pierres sont des mots,
les maisons sont des phrases, les rues des paragraphes, les quartiers des chapitres et
la ville est un livre.
    Pourtant, il manque toujours quelque chose à Arkhalià ! Ce « je ne sais quoi »
me poursuit comme une phrase ou une pensée oubliée, dont on sait qu’elle est utile,
et qui forme comme un vide douloureux dans la mémoire.
    Suis-je responsable ? Ai-je oublié d’ « écrire un quartier » d’Arkhalià ?
Pierre de La Coste, né en 1962, a été journaliste et « plume » de plusieurs ministres.
Il est l’auteur d’un essai (L’Hyper-République, Éd. Berger-Levrault),
d’un roman (Qui veut tuer Fred Forest ? Éd. 00h00.com), de recueils de poèmes
(Éd. Club des poètes). Avec Arkhalià, il plonge le lecteur dans l’utopie théologique
et politique d’une cité polymorphe, qui pourrait être inspirée de Gracq,
Jünger ou Borges.
Le livre sans page n'a pas une chute, mais plusieurs. Continuez vous même Arkhalià sur
arkhalia.org.